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Transgascogne : Allô, Allô Mr le calculateur !

26 Août 2013 , Rédigé par Techneau Sailing Team Publié dans #Course au large

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ci-dessus le calculateur, unité centrale qui commande l'action du pilote automatique

Tout commence en Juin, au cours de quelques sorties d’entraînement, je remarque un disfonctionnement de mon pilote automatique.  Ce dernier fonctionne de façon aléatoire. Je soupçonne alors le câble de liaison entre mon capteur girouette anémomètre situé en tête de mât et le calculateur du pilote (sorte d’unité centrale qui compile les données des différents capteurs, girouette, anémomètre, speedomètre, sondeur, compas & angle de barre). Ce dernier est en mauvais état et j’avais d’ailleurs prévu de le changer en prévision de la Transat. Un nouveau câble est immédiatement commandé.  Sitôt ce dernier réceptionné, j’entreprends la réinstallation du système. Malgré tout, la panne persiste. Après vérification de toutes les connexions entre les différents équipements et n’ayant toujours pas déterminé l’origine de la panne, je procède au démontage de toute l’installation pour l’expédier en révision chez le fabriquant.  Après un passage au banc de test & quelques ajustements les équipements me sont retournés et je remonte l’intégralité du système.  Aussitôt, je remarque que le problème est toujours persistant. Je contact alors le service après vente du fabriquant qui remet en cause l’installation à bord. Je vérifie à nouveau mes connexions et les fais même contrôler par un professionnel. Tout semble ok de ce côté et en concertation avec le service technique, le calculateur repart à l’usine. De mon côté, la date du départ approche et je pars en convoyage vers port Bourgenay avec mon simple pilote automatique de secours. Ce dernier est bien moins performant mais néanmoins suffisant pour convoyer hors course. A ce moment, j’espère encore pouvoir solutionner ce problème avant le départ de la course. Dès mon arrivée à Port Bourgenay, le calculateur m’attend, livré par chronoposte. Je procède une nouvelle fois à sa remise en place et demande de dérogation auprès du comité de course afin de pouvoir procéder à une sortie de test et de calibration du capteur girouette. Ca fonctionne, mais pas longtemps malheureusement ! A peine 30 minutes plus tard, dès que les conditions se durcissent, le problème réapparaît. C’est comme si le calculateur était sensible aux vibrations occasionnées par les mouvements du bateau dans les vagues. Impossible me répond le SAV, cela provient d’un problème d’alimentation à bord ! Je procède une énième vérification. Je connais bien ces installations, ayant mois même participé au montage de mon pilote de secours pour la Route du Rhum sur le Class40“, mais je ne trouve toujours pas de problème à ce niveau. Je profite d’un départ différé, faute à une météo capricieuse, pour tenter l’impossible. Je monte à Lorient récupérer un capteur compas et j’achète deux batteries neuves pour m’assurer d’une puissance électrique suffisante. Le lendemain matin, le départ est donné. Dès la sortie du port les ennuis recommencent. Je comprends vite qu’il me faudra naviguer sans ce précieux pilote automatique et passer de longues heures à la barre. Dans ces conditions, impossible de me battre avec mes concurrents et je dois me résoudre à les suivre à distance. C’est terriblement frustrant, car cette course s’avérait être une excellente occasion de se comparer à mes concurrents directs pour la transat d’octobre. L’idée me traverse l’esprit de défoncer le calculateur à coups de manivelle de winch ou même de le jeter par-dessus bord, le golf de Gascogne et ses quelques 5 000 mètres de profondeur offrant là un excellent moyen de ne plus jamais entendre parler de cette foutu machine. Malgré ces difficultés, la raison reprend le dessus et les règles de la classe mini interdisant formellement à tout concurrent de se débarrasser de ses détritus par-dessus bord, je me résous à trimbaler ce poids mort jusqu'à mon retour à Granville. Au classement général, je décroche une misérable 24ème place avec près de 7heures de retard sur le 1er. Depuis, j’ai enfin reçu un calculateur de test. Dès sa mise en place, le lendemain même de mon arrivée à Granville, l’installation s’est remise à fonctionner normalement… Dommage de ne connaître si tardivement l’origine de ce problème. D’un autre côté, je vois aussi le bon côté des choses :

  1. Mieux vaut que le problème soit survenu à la Transgascogne plutôt que durant la Transat.
  2. J’ai maintenant la certitude de n’avoir commis aucune erreur stupide de branchement ou de connexion, ce qui prouve que je dispose d’une bonne connaissance de mes équipements.

Pour résumer, la Transgascogne 2013 restera donc pour moi une course à part, à oublier au plus vite, même si tout ne fut pas si négatif.

Classement Complet

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